« On peut allumer des dizaines de bougies à partir d’une seule sans en abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant. » Bouddha 

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C’est assise dans le bus en direction de la capitale que ce premier article a commencé à prendre forme. Après ça, jour après jour, guidés par mes émotions, mes doigts ont fait danser sur le clavier tout ce mon coeur voulait vous crier. Je vous emmène donc avec moi ….Depuis ce fameux trajet pour Phnom Penh.

23.01.16

Me voilà assise dans ce bus bondé de Cambodgiens. Bébés, mères, grands parents, oncles, tantes. Tout le monde est là. Puis il y a moi. Ils m’observent tous, l’oeil interrogateur. Et ils rigolent. Fort. Je suis rouge écarlate et je souris un peu niaisement, même si je sais pertinemment que je suis le gros dindon de la farce.  Ayant fait confiance à ma guesthouse pour me réserver le trajet (  « good good bus »  elle disait la dame ), je réalise rapidement que j’aurai peut-être du vérifier la compagnie. Désirant pour une fois un peu de confort pour mon fessier, lorsque je vois l’état des sièges, la place de playmobil qui m’attend et ce vieux Monsieur qui vient littéralement de se coller à moi, je comprends que la route va être longue. Je fais déjà ventouse avec le dossier en pseudo cuir. Je demande à mon voisin s’il va bien à Phnom Penh lui aussi. Il me répond quelque chose d’incompréhensible évidemment, et cet échange m’aura seulement fait remarquer qu’il ne lui restait qu’une seule chicot. Coucou toi. Par contre t’as qu’une dent mais tu prends deux sièges …

Toutes les 5 minutes, quelqu’un d’autre est pris sur le bord de la route. Je me demande comment est-ce que  l’on rentre tous la dedans. Je les vois s’entasser au fond, et je me réjouis désormais presque de ma place avec mon papypote qui m’écrase.

Finalement, on aura passé tout ce trajet à se proposer mutuellement à manger ( grande découverte du petit Lu ). Par ses sourires, il m’aura calmée lors des nombreux dérapages du bus, fait rire par ses signes de langages un peu enfantins mais si touchants, et réussi à capter mon attention lorsque le chauffeur décidait de doubler des camions face à d’autres camions ( tout en klaxonnant, toujours. On se klaxonne pour se dire « pousse toi j’arrive » mais on le fait tous en même temps. Parfait les gars).

Au cours de ces 8 heures, je pense (trop), je rêve, je me projette, et prends conscience que cela fait une semaine jour pour jour que j’ai posé les pieds chez mes amis cambodgiens. C’est la première fois que la notion du temps prend place dans mon esprit.
Depuis l’ouverture des portes de l’aéroport, j’ai perdu tous mes repères. J’observe une pauvreté bouleversante, une saleté dans les rues que je ne connaissais pas, des enfants si petits et déjà tellement livrés à eux-même, des marchés incroyables; je ressens une chaleur nouvelle me transformant en rivière lorsque je lève le petit doigt; mon palais découvre une nourriture exquise, mes oreilles des tuktuk insistants; j’apprécie une gentillesse inhabituelle, des sourires toujours rendus, des couchers de soleil ressourçants, je pleure l’histoire d’un peuple plus que douloureuse, je souris devant des merveilles du Monde.
Je suis accompagnée de mon ombre, toujours prête à me rappeler qui je suis profondément, lorsque je ne suis plus enveloppée du velours rassurant qu’est mon environnement habituel, en France. Et j’apprends de moi. Tous les jours un peu plus.

L ‘arrivée a été difficile. Le manque immense de sommeil et le contrecoup de mes derniers au-revoirs avaient leur part de responsabilité. Chaudes larmes en guise de bienvenue. Top moumoute. Je m’en veux d’être dans cet état, mais pas question de se laisser abattre.

Le lendemain, j’enfourchais mon vélo à 4h du matin pour partir à la conquête des temples d’Angkor.
Il faisait nuit noire et j’avais presque peur, mais j’étais de nouveau tellement heureuse. Je voyais les tuk-tuk me dépasser sur la route, me rassurant sur la bonne direction. Je ressentais pour la première fois de l’air frais sur mon visage, qui me donnait envie de pédaler encore plus vite. J’étais comme une enfant qui s’en allait découvrir un trésor au levé du soleil. Et quel trésor! Les temples d’Angkor, un patrimoine grandiose, époustouflant. J’ai passé trois jours à les découvrir, les yeux grand ouverts, le cœur battant.

Certains moments resteront gravés pour toujours. Comme ce matin où croyant m’être perdue, je me suis finalement retrouvée bouche bée, observant un levé de soleil naissant devant un lac incroyable dont peu de voyageurs avaient l’adresse…Un pêcheur préparait ses filets au milieu, et quelques gouttes de pluie s’étaient invitées comme pour faire vivre cette étendue d’eau. C’était magique.
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Moins magique était mon allure physique pendant ces trois jours à bord de mon deux roues. Je ne m’attarderais pas sur ce point. Juste: on frôlait les 40 degrés au soleil, et je pédalais. Ça suffit. Libre place à votre imagination …

Après ces quelques jours à Siem Reap, je ne vous cache pas que les 18h de « vélo » à mon actif auront suscité une petite grève de l’arrière train (pas de gel décathlon moelleux dans la selle, hélas). Je quitte donc le vélo pour le bateau.
Les émotions ne furent pas amoindries lors de mon chemin pour Battambang.
Ce trajet fluvial est considéré comme le plus beau du pays mais choisi par très peu de Monde en raison de se son inconfort et de sa longue durée. Il fût l’un des souvenirs les plus marquants depuis mon arrivée au Cambodge.
Saison sèche étant, le moteur s’est retrouvé plusieurs fois coincé dans la vase. J’étais assise entre deux hommes et ma position n’a pas bougé pendant 9h. J’avais des fourmis dans les jambes par moment, qui permettaient de varier avec la douce sensation d’être caressée par leur poils de mollet transpirant. Oui, j’ai eu envie de donner des coups de latte de chaque côté plus d’une fois, mais ce ne sont que des détails lorsque je repense à la beauté du voyage.
On traverse tous ces villages de pêcheurs, les sourires des enfants font battre mon cœur chaque fois plus fort. Ils ont les pieds dans des montagnes de poubelles, mais peu importe. Parfois nus, parfois habillés de vêtements déchirés et sales, ils nous transmettent leur énergie positive. Par moment, des larmes d’émotions s’invitent timidement derrière mes lunettes. Ces gens me touchent. Leur vie me touche. Et je me demande ce qu’ils peuvent penser de nous. Pourquoi tant d’intérêt pour ceux qui n’ont rien, quand on a tout? se disaient t’ils peut être…
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À notre arrivée, la team tuktuk nous attendait, ardoises à la main, ventant chacun le meilleur prix possible pour se rendre en ville. Avant ça, nous devions tous récupérer nos sacs uns à uns sur le bel escalier cassé de la colline, l’eau passant juste au dessous. À l’aise.

Après cette journée chargée d’émotion, morphée m’a rapidement emportée avec elle, me préparant à un nouveau périple dans les campagnes de Battambang.

Je pars donc le lendemain avec « Leon », qui vient me chercher au petit matin avec son scooter rose Barbie. Magique. Comment commencer la journée avec le sourire. Il me dit tout de suite « If you’re happy, i’m happy ». Décidément mon p’tit Leon, tu vas être mon poto. Leon me balade partout. De temples en temples, on se raconte nos vies. Encore une fois, je réalise ma chance. J’aurai aimé nous observer de loin sur son bolide rose, à devoir hurler pour s’entendre, contrant le vent et la poussière que nous offraient les camions qui nous dépassaient sans scrupules. Il m’explique qu’il n’a pas de petite amie car il n’a pas suffisamment d’argent, et ne pourra jamais lui offrir de belles choses. Ce qu’il gagne va tout droit à sa famille, pour les aider à se nourrir. De plus, au Cambodge, un homme qui se marie est un homme qui achète sa femme. Plus la peau de sa bien-aimée est blanche et plus son visage est beau, plus il devra payer ses beaux-parents le jour J. De quoi laisser Leon croire qu’il ne connaîtra jamais le grand amour. J’ai presque envie de le serrer dans mes bras, mais je me contente de lui dire que je suis certaine qu’il pourra aimer et être aimé. Il le mérite tellement.

Sur le chemin du retour, je découvre le seul et unique vignoble-ignoble cambodgien. Immondice. On va rester à la bière locale, merci mais non merci..
J’ai du mal à dire au revoir à Léon, pourquoi faut-il toujours dire au revoir… Je ferme les yeux pour capturer l’image de son petit bolide rose qui s’éloigne.
Encore des moments inoubliables .

Lors de ma dernière journée à Battambang, la rencontre de Ly, un chef cuisinier de 24 ans aura, elle aussi, fait couler beaucoup d’encre sur mon carnet de voyage.
Ly m’emmène au marché, et pour une fois, je comprends, j’apprends ce que sont ces étalages de nourriture qui m’interrogent depuis mon arrivée. Je suis tellement heureuse. J’ai la chance d’être la seule à avoir réservé ce cours de cuisine, et je sais que cela n’aurait jamais été aussi riche si nous avions été plusieurs. Hormis les délices que j’ai appris à cuisiner et adoré déguster, le plus fabuleux était de pouvoir partager ce moment en écoutant Ly m’apprendre sur le Cambodge, sur sa famille, sur la consternante situation politique du pays, sur la corruption, l’arrière du décor soigneusement caché aux touristes, sur son espoir quant aux prochaines élections, sur les traditions entre hommes et femmes, sur la culture. Sur tout. Nous étions sensés passer trois heures ensemble, mais nous ne nous sommes pas quittés jusqu’au soir. Je n’oublierai jamais. Cette journée était un petit trésor à mettre de plus dans mon coffre déjà bien rempli…

Après ça, mon devoir de mémoire a eu lieu à Phnom-Penh, où j’ai visité le S-21, cette école ayant servi de lieu secret de torture lors de la période khmer rouge. Une matinée absolument bouleversante, douloureuse, mais nécessaire à mes yeux. Le peuple cambodgien se remet peu à peu de l’horreur vécue dans les années 70, ayant brisé patrimoine, familles et dignités. J’ai appris bien plus que ce que nos livres d’histoire daignent nous dire sur cette époque effroyable…

En revanche, mon périple à la capitale n’aura pas duré longtemps. Après être sortie avec de nouvelles connaissances le premier soir, j’ai eu la chance de recevoir un doux coup de poing dans les côtes par deux mecs sympatoch à moto. J’ai décidé de ne pas m’attarder dans cette ville. Je me suis sentie en insécurité pour la première fois, et la sur-agitation m’a épuisée.

J’ai alors retrouvé la douceur et de le calme à Kampot, accueillie par le coucher de soleil sur la rivière empruntée par les pêcheurs. C’était tellement apaisant. Et pourtant… Ce soir là, j’observais ces couples et amis ayant la chance de partager l’intensité de ce paysage ensemble, et le sentiment de solitude m’a gagnée. Je voulais simplement dire « c’est magnifique » à quelqu’un d’autre que moi-même…

Mais dans ces moments là, une petite voix me rappelle toujours la chance que j’ai d’être là, de vivre cette aventure, de me sentir en vie.
J’existe.
Et je vais le savourer comme il faut le savourer, ce coucher de soleil…
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Je partais dès le lendemain avec un couple de belges découvrir des grottes un peu mystiques, les plantations du meilleur poivre du monde, et déguster la fameuse spécialité au crabe sur le marché de Kep. Un des repas les plus délicieux de mon existence. Je suis sortie du restaurant en mode jacquouille, de la sauce plein la face ( pas de casse noix ici : c’est avec les dents, allez amuse toi ) mais absolument conquise. Mais oui oui, absolument immonde. Merci rétro du tuktuk, mon beau miroir.
À mon retour, je partais observer la rivière à bord d’un bateau, traversant des villages magnifiques, et découvrant à la nuit tombée des lucioles fluorescentes dans les arbres. Comme des guirlandes de noël en pleine jungle, magique. C’était magique. Je le répète souvent mais il n’y a pas d’autres mots…

Et finalement, vous aurez lu ces quelques lignes aussi vite que le temps me semble avoir filé. Me voilà maintenant installée à Sihanoukville, avec un véritable rythme et une sensation d’avoir pris mes repères dans ce pays merveilleux, prenant chaque jour mon petit tuktuk pour atteindre le village de Klang Leu, où j’ai commencé ma mission de volontariat.
Ça y’est. Ces visages d’enfants imaginés, cette rencontre rêvée depuis si longtemps…Tout a pris du sens, tout est devenu réalité.
Je tisse des liens uniques avec ces bijoux qui me donnent chaque jour des leçons de vie dans leurs simples faits et gestes, et m’offrent une dose inégalable de bonheur.
J’apprends depuis le premier jour à communiquer avec tout ce qu’il y a d’autre que le langage.
J’ai toujours cru – et je crois encore – en la puissance des mots, en leur lourd impact. Mais aujourd’hui je réalise aussi à quel point nous pouvons transmettre autrement… Les regards, les gestes, les danses, les rires, les dessins, les sons, l’affection, le jeu. Tous aident à transmettre de l’amour, des idées. Tous sont des outils à la création d’une relation de confiance. Peu importe les mots.
Évidemment, je mentirais si je disais que tout était étonnamment simple. Loin de là. C’est parfois une frustration immense de ne pas pouvoir aller plus loin dans le dialogue, surtout avec certains enfants dont les problèmes familiaux jouent un rôle immense sur leur comportement.Car l’impact des mots sur les maux existe bel et bien. Mais on s’adapte. C’est la mission numero 1.
S’adapter. Une nécessité dans tout voyage, mais surtout dans le voyage à la rencontre de l’Autre, de sa culture.

Ma première semaine aura débuté sur les chapeaux de roues… Peanic, le directeur du centre, m’apprend à mon arrivée qu’il nous laissera seules, Maud ( coéquipière volontaire ) et moi-même. Il doit retrouver une sœur en Thaïlande qu’il a perdu de vue depuis des années. Sur les 12 enfants qu’ils étaient au sein de sa famille, ils ne sont plus que 4. Tous les autres sont décédés à l’époque des khmers rouges … Je comprends évidemment son besoin d’aller retrouver sa sœur et de vouloir préserver les liens au sein de sa fratrie.
Mais malgré tout …

Tu veux dire tous les enfants, 2 nourrices parlant uniquement khmer, et nous ? #TOOEASYMONPOTE. J’ai strictement rien compris aux horaires, ni à l’organisation d’une journée typique, mais très bien, en voiture Simone !

Finalement, on aura plutôt réussi notre challenge! Non sans obstacles, car il aura aussi fallu gérer des situations d’urgence (comme la logistique de prise en charge de soins d’un jeune homme atteint de l’hépatite B le soir pour le lendemain, sans parler un mot de khmer). Mais l’essentiel est bien d’être parvenu à les surmonter, peu importe toute l’angoisse générée, et peu importe si je n’ai pas dormi de la nuit!
Crêpes, jeux, cours d’anglais, marché, foot, jardinage au village…la semaine fût bien remplie, et les petites poches sous mes yeux aussi.

La timidité des regards du premier jour a rapidement laissé place à de petites mains venant se serrer aux miennes, à des dessins et bouquets de fleurs retrouvés le soir dans mon sac, à des câlins et de grands fous rires.

Toujours est-il qu’après cette première semaine intense, Maud et moi avons eu la délicieuse idée de partir sur l’île paradisiaque de Koh Saloem pour un week-end repos.
HA-HA-HA
Toctoctoc qui est là? C’est moi, l’échec. Le gros fail en puissance. OUVERTURE DE LA PORTE . Meeeerci.
À mon réveil le samedi matin, je sens déjà une nausée de compet’ qui ne me rassure pas sur la suite des événements. Je prends sur moi, pas question d’aller mal, je pars voir l’eau turquoise, que mon ventre me laisse en paix. Je sirote un jus de fruit detox ( no comment, on est tous pareil avec ces jus, on met beaucoup d’espoir en eux. Surtout quand c’est Bagdad dans nos foies) pendant que Maud savoure ses pancakes chez « So » notre restau préféré de sihanoukville.

Fin prêtes à prendre notre « speed Boat » je demande fort à Buddha ( ouais on discute souvent ) de me guérir vite fait.
Bon, j’aurai peut-être du implorer quelqu’un d’autre. À peine 10 minutes après notre départ, je sens que la mer se déchaîne. Plus on avance et plus les vagues s’intensifient. Une femme commence à nous distribuer des sacs plastiques. Oh joie, viens là mon amie. Je ferme les yeux mais ça ne m’aide pas, mes nausées sont un fait, mais la panique en est un autre. Je commence réellement à angoisser. Nous voilà dans une énorme tempête et notre bateau tangue comme jamais. Je n’ai pas envie de mourir, je n’ai pas envie de mourir. Je n’ai jamais eu aussi peur. Je sais que je suis blanche comme un cadavre, j’entends les gens crier, et je cherche dans le regard du staff un moyen de me rassurer. En vain.
Après une heure à m’imaginer finir au fond de l’océan, je vois enfin l’île. Je veux juste sortir de ce bateau et ne plus jamais revivre ça.

Une fois les pieds sur le ponton, j’essaye de reprendre mes esprits avec l’aide de Maud. On ne se dit rien, mais on se regarde, et je sais que l’on veut juste une chose: être récompensées par un beau décors après cette épreuve.
Malheureusement, la tempête a atteint l’île, rendant les plages absolument … moches. Les fonds sont retournés, les feuilles des palmiers toutes au sol, fabuleux. Il nous faudra marcher jusqu’à l’extrême bout de la plage pour trouver un coin un peu chaleureux pour se reposer et profiter quelques heures.
Voulez- vous des nouvelles de Madame nausée ? Et bien elle est toujours aussi envahissante, elle aimerait bien qu’on soit cop’s, je crois.
Malgré mon état de faiblesse qui s’intensifie et cette affreuse envie de vomir, je me dis qu’un petit saut dans la mer ne pourra que m’aider. La bonne idée….
Bon, ben le jus détox ira rejoindre des contrées lointaines, emporté par les eaux.
Voilà voilà. Je continue dans la poésie?
Il est temps d’aller chercher un lit pour ce soir. Tout est complet ou coûte les yeux de la tête. Je sens que je n’ai plus de force et que tout tourne de plus en plus. J’ai juste envie de m’étaler par terre et qu’on me laisse dormir en paix. Mais non. Maud m’attend, et je sais ce que cela veut dire. Il est temps d’aller de l’autre côté de l’île trouver un endroit ou dormir avant que le soleil se couche. Elle se charge de demander à un local comment on y accède. Malgré le vent dans mes oreilles, j’entends le mot jungle et montagne….
QU’EST CE QUE JE FOUS ICI.
Allez, pas le choix, il est temps.
Ce chemin aura été le plus difficile de toute ma petite existence. Je me répétais sans cesse intérieurement que j’allais y arriver, et qu’il ne fallait surtout pas m’arrêter. Je savais que si je le faisais, je ne pourrais plus repartir. Ma tête tournait, je me concentrais sur les pieds de Maud, je ne pouvais pas regarder autre part, au risque de m’évanouir. Ma vision semblait rétrécie, j’avais chaud et l’impression d’être sur une autre planète. Le chemin était de plus en plus compliqué, on gagnait la montagne, et les cailloux roulaient sous nos tongues. On s’accrochait aux branches, transpirantes, en fuyant les moustiques.
Ne pleure pas, ne pleure pas. T’arrête pas, t’arrête pas.
Une éternité, ce chemin…

A notre arrivée, un coucher de soleil magnifique nous accueille sur un côté de l’île protégé des vents forts, entouré de verdure. On plonge dans l’eau comme deux robots. Voilà notre récompense…Si seulement on se sentait bien pour la savourer. Oui « on », car Maud commence à se sentir mal à son tour. Je crois que les calamars d’hier veulent faire passer un message…
Il faut qu’on trouve où dormir, et vite. Marcher dans le sable nous épuise. Tout est magnifique mais ça n’a plus d’importance dans mon esprit. Je n’enregistre plus rien. Juste mon corps qui me supplie d’arrêter les efforts. Un, deux, trois endroits visités pour entendre que tout est complet. Un autre, vite. Un magasin de plongée possède un dortoir. Viteeeeeeee. Je m’endors à 20h après avoir mécaniquement changé de vêtements. Je ne m’en souviens même plus. Pour la première fois, je sais que j’ai poussé mon corps bien au delà de ses limites.
J’entends le bruit des vagues, entourée de ma moustiquaire. La journée est terminée, et demain est un autre jour. Ce fût un enfer du début à la fin. Mais quel bonheur de fermer enfin les yeux …
Je me réveille plusieurs fois dans la nuit pour rajouter des couches au dessus de moi. Depuis quand est-ce qu’il pèle au Cambodge? Est-ce qu’on peut arrêter les p’tites surprises pour la journée ? Thanks.
Le vent souffle très fort mais peu importe, il vient s’immiscer dans mes rêves jusqu’à l’aurore.

Il est 6h. Je me sens mieux. Alleluia ma soeur. Je vois le sourire de Maud à travers la moustiquaire et je comprends qu’on est sorties d’affaire. Il fait une fraîcheur inhabituelle, mais cela ne nous empêche pas de partir déjeuner devant la plage. On choisi un hamac, et on savoure, enfin. Le soleil nous réchauffe peu à peu, la vue est grandiose.
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Malheureusement, après ces quelques heures de farniente, nous réalisons qu’il va falloir traverser la jungle de nouveau pour regagner notre bateau. Ce weekend est une épreuve plus qu’autre chose. Nous avons beaucoup de mal à repartir de ce petit coin de paradis pas assez savouré.

Une fois arrivées de l’autre côté de l’île, je réalise que la tempête n’a fait que grandir. Mon cœur bat la chamade et je commence à être envahie par le stress. Un bateau arrive, beaucoup plus gros que celui de la veille. Rassurées, on attend patiemment de rentrer.
HA – HA – HA (bis)
« Attendez ici vous, c’est une autre compagnie. Je ne sais pas si votre bateau va venir ».
J’hésite entre m’auto-noyer ou demander de l’aide à Buddha. Dans les deux cas, deux idées pourries. Je choisi de me taire et d’attendre comme tout le monde.
Une heure plus tard, le bateau de l’enfer apparaît. Le même qu’hier, il n’y a pas de doutes. On essaye stratégiquement de se mettre au milieu, pour moins sentir les vagues. C’est cela même. A peine 5 minutes après le départ, tout prend l’air d’Apocalypse. Maud offre son petit dej à son sac plastique, les gens demandent des gilets de sauvetage, un russe en bottes et à moitié nu manque de tomber pour aller demander une autre bière. Et moi, j’écoute très fort ma musique. C’est le seul remède que j’ai trouvé pour me mettre dans ma bulle, pour avoir moins peur. Je chante à voix haute et je sais que personne m’entend. Régulièrement, des jets d’eau de mer viennent nous fouetter le visage. On est tous trempés. Je vois le thorax des gens autour de moi se gonfler, se concentrant sur leur respiration pour ne pas perdre la face.
Trajet de l’horreur numéro 2, terminé.
Il semble rapide à lire, il m’a semblé être une éternité.
Une chose est sûre, je n’oublierai jamais Koh Rong Saloem!

Désormais remise de toutes ces péripéties ( merci nouvel an chinois de nous offrir un jour de repos), j’ai donc pu commencer mon projet à proprement parlé avec l’aide de Peanic pour la traduction. Les enfants sont captivés, c’est tellement gratifiant.
Après avoir commencé avec la notion globale de différence, ils découvrent les continents du Monde, la Géographie ( des enfants qui se poussent pour tenter de comprendre et chercher sur une carte, oui, ça existe), réalisent que l’accès à l’école n’est pas le même dans chaque pays et à quel point il est important, s’intéressent à des cultures jusqu’alors inconnues, empreintes de musiques différentes, de nouvelles coutumes, d’autres danses. Ils peignent, jouent, chantent, nous interrogent.

Malgré plusieurs tentatives de prononciation, je fini par accepter mon nouveau prénom  » Candy », ou même bonbon en khmer par certains.
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Cette semaine aura aussi été l’occasion d’acheter sacs poubelles et gants, et partir nettoyer le village, qui baignait dans un tas de ….tout. Les enfants étaient d’une énergie folle, et cela donne espoir en cette nouvelle génération, qui semble réaliser l’importance de l’hygiène de du respect de l’environnement, ce qui n’est hélas pas le cas de leurs parents …
Le grand dîner au village commence à s’organiser. Je prends conscience que me suis lancée dans une sacrée mission de poney de compet’ de ouf de sa maman, étant donné le monde invité et le peu de moyens matériels pour réaliser tout ça, mais je n’abandonne en aucun cas!
Certaines familles ne se parlent plus. Et certains boivent beaucoup … C’est une grande première à Klang Leu.Mais les enfants sont si heureux que je ne stresse pas (ok, plus). Ce sera l’occasion pour eux de chanter à leurs parents les chansons que l’on a apprises, de leur montrer leurs compétences culinaires, de réunir tout le monde dans une ambiance de fête, et de leur faire découvrir des plats européens qu’ils ne connaissent pas encore, en plus de leurs plats khmères. Les Master chefs sont dans la place.

C’est une expérience incroyable que je vis. Je m’imprègne de tout. De leurs visages, leurs rires, leur folie, leur sagesse, leur accueil, chaque jour. Parfois, je m’arrête quelques minutes et je prends le temps de retenir chaque détail. Comme pour garder le souvenir intacte de cette atmosphère en moi. Pour qu’elle ne me quitte jamais.

Aujourd’hui, une des nourrices est rentrée du Vietnam. Elle était partie, attristée, pour les funérailles d’un membre de sa famille. À son retour, le sourire aux lèvres, elle est venue nous apporter un cadeau acheté là-bas, malgré sa pauvreté. Elle a pensé au plaisir qu’elle procurerait par cette attention malgré la peine qui l’envahissait. Encore de quoi me mettre la larme à l’œil, et me donner toujours plus envie d’aimer les gens, et de partager mon amour. C’est si bon d’en recevoir.
Bienvenue au Cambodge …

Je rencontre des personnes d’une hospitalité hors norme, ayant grandi en apprenant à toujours donner. Je respire profondément chaque jour l’air d’un pays à la bonté naturelle. Et ça me fait tellement de bien ….

Tous les membres de cette association, Peanic, Mom, Sophea, Lyya, avec qui je suis au quotidien sont admirables, inoubliables.

Je vous remercie encore tous d’avoir été des amis et une famille fidèles à mon projet, mais aussi des inconnus généreux. Vous avez contribué de loin à leur joie de découvrir, partager, apprendre.

Ce n’est que le début de l’aventure à Klang Leu, et je tenterai au fur et à mesure de vous montrer ce que les enfants découvrent, mais le temps me manque aussi beaucoup et je ne pourrais pas le faire aussi assidûment que je le voudrais.

Loin des yeux mais près du coeur, je pense à vous chaque jour. J’aimerai tant partager avec vous tout cet amour et cette énergie que j’ai la chance de recevoir ici. Je ne peux le faire qu’à travers mes mots. Ils ne seront jamais aussi puissants que la réalité, mais j’espère qu’ils toucheront un peu votre cœur, comme les habitants de ce pays ont touché le mien.

Love.
Candyce

 

After a year….

Mount Cook <3Young & Wild & Free

E N F I N, je parviens à me relire … J’aurai mis presque un an, quasi pudique envers moi-même, à faire la démarche d’appuyer sur ce lien et oser me replonger dans cette folle aventure. De lignes en lignes. Pleine d’auto-critique mais aussi pleine d’émotions étranges. Bonjour larmes, plaques rouges sur le cou, fous-rires incontrôlables….J’en suis presque à me demander si cela me fait du bien ou du mal! Dans tous les cas, une chose est certaine: en 2014, j’étais plus que tout EN VIE.

Toujours est-il que je réalise aujourd’hui l’oubli énorme que j’ai pu faire dans ce blog: où es-tu, Nouvelle Zélande?! Ce pays magnifique était la dernière étape de mon voyage avant mon retour en France.

Une fois rentrée, mon envie d’écrire était loin d’être aussi grande que celle de fromage, pain & vin rouge, alors j’ai doucement mais surement abandonné mon petit blog…

Mais je me suis mise d’accord avec moi-même ( comme ça pas trop de problèmes…), je laisserais les photos de ce road-trip à bord de notre maison sur roues « Granny » vous faire voyager.

Je garde pour moi les souvenirs de ce voyage sur les Terres Maories … ancrées sur les pages de mon journal de bord, dans ma tête et dans mon cœur. Cela n’aurait plus tellement de sens d’écrire tout ça un an après, non?!

Je n’ai qu’une seule chose à vous dire: foncez, si vous pouvez y aller un jour! Ce pays est absolument magnifique. C’est une bouffée d’air pur, un concentré de paysages à couper le souffle, de nature encore préservée, de gens accueillants, de sensations de grande liberté.

Cette immense bouffée d’air….Je ne sais toujours pas si elle m’a aidée à mieux appréhender mon retour, ou si elle l’a rendu plus difficile, au contraire…Dans tous les cas je l’ai savourée au moment présent, et c’est l’essentiel.

Alors mes petits lecteurs, je vous dis à très vite pour de nouvelles aventures. Je prends la route ( enfin l’avion, j’aime bien les défis mais on va se calmer ) pour l’Asie du Sud-Est au mois de janvier. Avant de partir explorer un bon nombre de pays notés sur ma bucket-list, je poserai en premier mes pieds sur les terres cambodgiennes. Je voyagerais de Siem Reap à Sihanoukville, où je resterai  jusqu’à Mars en tant que bénévole au sein d’une association ( pour ceux qui veulent en savoir plus sur le projet, c’est ici! ).

J’ai hâte!

A très bientôt!

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Le début de la fin.

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C’est en direct de la terrasse ensoleillée de Juicy Betroot, un de ces petits restaurants géniaux de Fremantle, que je vous écris de nouveau, après de fabuleux périples.

Pour reprendre un peu les évenements passés….Après avoir quitté Cairns et volé pour Adélaide ( au sud de l’Australie), j’ai retrouvé ma soeur pour notre grande traversée du désert jusqu’à Darwin ( au Nord ), puis nous avons pris l’avion jusqu’à Broome, où il a fallu se dire au revoir. De là, je suis partie en Road trip de Broome jusqu’à Perth ( toute la cote ouest australienne) non plus en van mais en 4×4 avec un Australien, Ben.

En écrivant ces quelques phrases sans y ajouter une pointe d’émotions je me dépêche de revenir dessus!

Comment expliquer…Retrouver ma soeur à l’autre bout du Monde, après 8 mois dans la frustration de n’avoir pu la serrer dans mes bras et partager quoi que ce soit à ses côtés, c’était inespéré mais pourtant réel. Autant dire qu’il nous a fallu du temps pour retirer nos bras l’une autour de l’autre lors des retrouvailles.

Après un premier jour à flâner dans les marchés d’Adélaide ( et manger comme des gorets à tous les stands « free tasting ») nous avons  récupéré Pumbo, notre fidel van ..GRAND MOMENT !

Première conduite à gauche pour Wendy….
-Donc je vais où Candyce? ICI??? –
Je ne sais pas si ma réponse a été trop lente à ce moment là, mais elle a pris la décision toute seule. Ce qui a entraîné la combinaison magistrale du gros coup d’accélération + du virage = les tiroirs de Pumbo tout entier qui s’ouvrent. Bagdag dans le van. Fou rire incontrôlable (le fou rire qui t’empêche de respirer. Le vrai ).

Bref, ça s’annonçait épique, et ça l’a été!
Une fois sur la route, on se regardait, le sourire au bord des lèvres ( j’dirais même le smile qui remonte jusqu’en haut des gencives) , comme pour être sûres que ce n’était pas un rêve, mais non : on y était! Là, toutes les deux en Australie, en van, prêtes à passer presque un mois à traverser ce qui a été pour moi, les lieux les plus authentiques et chargés d’histoire de ce pays.

La première nuit s’est finie dans un parking, au milieu de nul part car la fatigue nous gagnait. Au moment de vouloir cuisiner, fières d’avoir organisé notre maison sur roues après de grandes courses, une douce odeur d’échec est survenue: le gaz ne marchait pas. Et comment dire…Il faisait environ -8000 degrés dehors.

Bon et bien….Thon carottes pain? Douceur du palais. Finalement ce régime nous a plutôt suivi le long du trip. Et me suit toujours aujourd’hui d’ailleurs. Vive le beta carotene et l’omega 3 .

Ce froid nous aura valu des nuits atroces, à se réveiller en se demandant « ok, qui est la plus prête de décéder ? Moi. Donc tu peux mettre le contact et le chauffage !  »

La première nuit sans chaussettes fût jour de fête.
Mais nous avons survécu !

Après avoir fait l’ascension des Flinders Ranges, ces grandes montagnes offrant des vues incroyables, dont les couleurs passent du bleu au mauve au cours de la journée, nous sommes parties pour L’Uluru.
Bon je dis ça comme si c’était la porte à côté mais pas vraiment. Entre chaque point la route est longue mais il a toujours des surprises sur le chemin…
Alors on chante, on parle de tout, on ris à en pleurer, on hurle nos chansons préférées, on s’arrête dans des stations du désert les plus glauques du Monde, on prend des photos par milliers, on se retrouve, on est heureuses.

( désolée d’avance pour la toute petite sélection de photos a chaque fois, je n’ai pas le temps de tout mettre…)

Puis voilà l’Uluru…Ce mythique grand rocher qui symbolise l’Australie. Je ne l’imaginais pas si puissant, si grandiose, si chargé d’émotion. Et seuls ceux qui se sont tenus devant lui peuvent comprendre. Ceux qui ont du respect pour l’âme de ces lieux également, pas tous ces gens qui s’amusent à grimper au sommet, malgré le refus des aborigènes…
L’uluru a lair si…vivant. C’était tellement puissant.

Le peuple aborigène est un peuple incroyable. Et nous ne pouvions pas aller sur leur sol sans comprendre tout ce qu’il signifie pour eux. Du coup, durant notre voyage, on lisait ce livre appelé  » Message des hommes vrais au monde mutant « . Il nous a aidées à nous mettre dans la peau de ces tribus aborigènes et voir avec leurs yeux. Je n’avais pas dévoré un livre comme ça depuis longtemps. Que vous partiez sur ces terres ou non, c’est un livre qui DOIT être lu. C’est un message qui a le mérite d’être diffusé et qui nous concerne tous ( non ce n’est pas un livre chiant qui raconte comment ils allaient pêcher dans le temps ) . Je vous promet que vous en sortirez enrichi, mais aussi ému et bouche bée. Et pour ceux qui n’aiment pas lire, cherchez même pas d’excuse , il est tout petit ( est ce que j’ai été assez claire? Bien ).

Revenons à nos moutons. Après avoir marché au pied de l’Uluru, nous avons savouré le coucher du soleil, avec une bonne petite bouteille de vin rouge, accompagnées du clic de nos appareils photos.
Et nous nous sommes levées à l’aube pour le voir se reveiller. C’était tellement magique .

S’en sont suivis les Kings canyon rougissimes. Puis la route pour le Mc Donnel National Park nous a fait rêver. On passait du désert aux couleurs pastel. Je nous revois au volant de Pumbo après notre journée à crapahuter partout, la musique à fond, en hallucination totale devant la beauté des paysages. Le soleil se couchait sur les montagnes, et c’était sans doute un de nos meilleurs moments…

Puis nous avons vu les devils marbels, ces pierres rondes immenses tombées comme par magie au milieu de nulle part. Je me souviens de notre diner ce soir là. Juste allongées devant la voie lactée à refaire le Monde (oui, le vin aide à refaire le Monde aussi ).
Il n’y a qu’en Australie que j’ai pu voir un ciel étoilé aussi…aussi jene saismêmepasqueladjectifemployermaisuntrucstylé ( t’as les yeux plissé la hein?)

Ce jour là je me suis dit que la Terre était vraiment pleine de trésors. Et c’est ce qu’elle nous offre qui créer tous nos plus beaux souvenirs. Il serait peut être temps de prendre un peu plus soin d’elle! ( l’écolo niaise, c’est fait ) .

Bref, à ce stade de notre voyage, les températures devenaient meilleures et on savourait le bonheur de prendre nos petits apéritifs et diners dehors, les pieds nus.

Puis j’oubliais, après un tour chez le mecano, pumbo avait enfin du gaz!

Et qui dit bonnes températures dit baignade. Nous sommes ensuite parties pour les sources d’eau chaudes et turquoises de Mataranka suivi d’une journée canoë au Nitmiluk National Park voir les grandes Katerine Falls. Le canoë c’est clairement un truc qui peut être cause de divorce si tu pagaies pas au même rythme que ton mari, c’est sûr.

Le meilleur parc national fût le Lichfield, avec ses piscines naturelles magnifiques. Qu’est ce qu’on était bien dans notre jacuzzi perché sous les cascades !
On a d’ailleurs appris la trouvaille d’un crocodile à ce même endroit deux jours plus tard! Cool, c’était pas notre heure les gars!

Puis nous avons pris la route pour le Kakadu National Park (oui caca doux, je sais, tous les francais font la blague).
Notre premier camping la bas etait génial, avec petit jardin et salle de bain juste pour nous. On s’est senties comme à la maison. Et ça m’a fait du bien.
Parce qu’il faut savoir qu’un road trip coûte cher en camping! Et que quand tu épuises tes précieux dollards pour ta nuit, tu espères avoir un spot sympa sans forcément des toilettes qui puent la mort, des moustiques enragés qui voient en toi une cible dès que tu sors un doigt de pied du van, sans lampadaire qui fait un bruit d’avion ou arroseur automatique qui se met en route à 4h sur les vitres….

Donc Kakadu! C’est le seul endroit encore géré par des aborigènes. C’est leur territoire, et on peut imaginer les anciennes tribus vivre il y a des milliers d’années. Il y a toujours des traces de leur existence, des peintures qui datent de plus de 50 000 ans. C’est difficile à croire, mais vrai…Leur art est magnifique et m’a même donné envie de me mettre à peindre ( non mes parents, c’est pas une blague, j’ai peut-être être un talent caché. Hyper bien caché ).

Vous lisez ces lignes aussi rapidement que le temps est passé avant d’arriver à Darwin. A ce stade du voyage, mon ventre commençait à se tordre. Darwin voulait dire rendre Pumbo, puis voler pour Broome, puis dire au revoir à ma soeur. C’est fou comme je me déteste quand je suis comme ça, quand ma peur du temps qui passe prend le dessus et peut m’empêcher de savourer comme je le voudrais.
Enfin bref, ce retour à la civilisation, cette arrivée en ville nous a vraiment laissé une étrange sensation, après avoir passé tout ce temps juste au coeur de la nature. D’ailleurs notre mode insociable s’est activé.
Je me souviens de ce soir où l’on avait décidé d’aller boire un verre, et à peine assises dans ce bar, le bruit nous a juste fait fuire. On a fini par faire un picnic là où l’on pouvait trouver un peu de verdure.
Le meilleur souvenir de Darwin restera le Mindil beach Market. Ce marché aux saveurs de l’Asie . Les familles s’y retrouvent pour savourer leur repas devant le coucher du soleil les pieds dans le sable. Trop bon!

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Le matin où nous avons du rendre Pumbo, on prenait aux aurores notre dernier petit dejeuner devant la mer . Mes lunettes de soleil ont bien caché mes larmes. Je n’avais aucune envie de tout ranger, de partir de ma maison sur roues, de voir la fin approcher.

Mais il a fallu le quitter…Puis nous envoler pour Broome. La bas, une chambre rien que pour nous et des journées farnientes sur la mythique plage de Cable Beach nous attendait. Sans mentir, c’était difficile de se devoir se poser après avoir eu l’habitude de découvrir de nouvelles choses tous les jours! Ca s’appelle la bougeotte, et c’est de famille. Mais la bronzette, le paddle, la mer turquoise ne nous ont pas fait de mal! J’admets.
De là, ont rapidemment commencé les décomptes débiles dans ma tête. Dernier petit déjeuner avec ma soeur, dernière fois que l’on s’endort et se réveille à côté, dernières promenades…
Ce mal de ventre je l’avais connu…lorsqu’il a fallu quitter ma famille après les fêtes. Je revivais ces au revoirs une deuxième fois. C’etait comme si l’on m’avait apporté une immense dose d’amour ici au bout du Monde et qu’on me l’a reprenait. Et cet amour de soeur est indescriptible tant il est précieux et fort. Son départ m’a complètement vidée. Et il fallait de nouveau affronter l’inconnu.
Je n’avais plus envie d’être avec d’autres. Plus envie de faire d’effort avec qui que ce soit, après avoir été avec la personne qui me connait le mieux sur cette Terre. Celle avec qui je n’ai rien à cacher, avec qui je ris à ne plus pouvoir respirer, avec qui je me sens aimée; celle qui me rend fière, celle qui me rassure, celle qui a traversé la planète pour venir me voir et vivre cette aventure avec moi. Mon double.

Enfin vous l’aurez compris, dire au revoir à ma soeur a été une épreuve.
Je sais que vivre cette experience avec elle a été une chance incroyable, et que ma tristesse n’était rien comparée au bonheur pur que j’ai vécu durant ces semaines.
Aujourd’hui encore ma sister, il n’a pas un jour sans que je ris toute seule en repensant à nous, pas un jour sans que fasse mes courses en regardant ce qu’on aime et réalise que je dois l’acheter juste pour moi, pas un jour sans que je veuille te parler, pas un jour sans que j’ai envie de dire au Monde entier à quelle point tu es la meilleure soeur que l’on puisse avoir. Alors même si le « Monde entier » ne me lit pas, je le fais pour les quelques uns qui regardent ces lignes et ça me fait du bien. Je t’aime et merci d’être toi.

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Après ces au revoirs et une nuit toute seule à pleurer comme un nouveau né , j’embarquais dans le 4×4 de Ben, cet australien que nous avions rencontré à Broome pour partir redescendre la côte ouest de l’Australie! Il quittait Broome pour  rejoindre sa famille à Perth, après plusieurs années de voyage.
Les premiers jours ont été difficiles…Passer de H24 avec ma soeur à zeroréseaudansletrouduculduMonde avec un semi-inconnu…comme dit Florence Foresti » la moooort, vient me chercher !  »
J’etais au Karijini National park, devant des piscines naturelles grandioses et des montagnes sans fin. Mais j’étais triste. Comme quoi les plus beaux endroits ne suffisent parfois pas si le sentiment de solitude est en nous.

Mais très vite Ben est devenu mon pote delamortquitue et m’a vraiment redonné la pêche !
Arrivés à Exmouth, cette ville où les émus et kangourous se baladent un peu partout, les meilleures journées de notre road trip ont commencées.
On se levait chaque matin dans le Cap Range National Park pour aller nager en palmes masque et tuba avec des coraux magnifiques, tortues, requins( sympas), némos et j’en passe. C’etait dingue. La bas, il suffit de marcher quelques centaines de mètres sur la plage, d’observer tout le monde sous-marin, puis se laisser porter par le courant, avant de recommencer à nouveau.
Le soir, on s’endormait avec le bruit des vagues et la lumière de la lune. Sans Jackys sourdingues qui regardent la TV dans leur caravane à en réveiller les morts. Alléluia mon frère.
A cette periode, je me suis mise à ressembler à une aborigène aux cheveux de paille et à la peau noire ( fallait pas s’attendre à se laver autre part que dans la mer). Je pense que Ben m’a vu dans les journées les plus moches de mon existence, mais on s’en fout. C’était mortel.

En redescendant la côte, j’ai eu la possibilité d’aller voir les baleines au coucher du soleil sur un bateau. Elles étaient juste à côté de nous, on entendait meme leur cris grâce une sonde sous marine. Le bonheur. Depuis, j’ai clairement developpé la passion de la baleine .

Avec Ben, on a aussi passé une journée en pleine mer et nagé avec des raies mantas. Trop impressionnant!

Plus le temps passait, moins l’idee d’arriver à Perth nous réjouissait… On savourait bien trop notre liberté et l’idée de retourner en ville ne nous réjouissait absolument pas.

A Monkey Mia, je nageais avec les dauphins. Ils sont sur cette baie tous les jours et n’ont absolument pas peur des humains.
Comme quoi j’ai pu réaliser beaucoup de mes rêves ici…Vous m’auriez vu avec mes palmes, j’allais à 100 à l’heure pour les suivre partout ( bah ouais j’avais des palmes de compet’).

Nous sommes ensuite partis pour Francois Peron national park. À mes yeux un des plus beaux endroits d’Australie. Sa terre rouge (mais rouge ROUGE – et non je me calme pas -) , et sa mer turquoise, c’est juste incroyable.
Sans 4×4 on ne peut pas accéder à ce parc, tous les sentiers sont en sable.
Encore une fois, notre camp était isolé de tout.
J’ai appris de nouveau à pêcher, mais le vent ne nous a pas vraiment aidé dans notre rêve de diner un poisson frais.

C’est lors de notre dernier jour au parc, en revenant peu à peu à la civilisation, que Monsieur le Land cruiser a pété son cable, et a décidé de ne plus avancer.
Echec.
Après avoir été amenés à Denham ( 8h au Nord de Perth) pour faire réparer la voiture, nous avons eu la chance grâce au père de Ben de dormir dans un hotêl. UN MATELAS ! Bénit soit l’inventeur du matelas les gars !
Pour moi qui dormait sur les banquettes de la voiture, j’ai entendu mon postérieur me dire Amen.
Prendre une vraie douche et me voir dans un miroir ( autre que le retroviseur de la voiture) a été une experience intéréssante également.

Bref. Vu le temps que les réparations prenaient et vu le peu de choses à faire à Denham, j’ai pris la décision de quitter mon petit Ben et partir pour Perth, ou plus exactement le quartier de Fremantle qui est près du bord de mer…

Moi qui appréhendais de me retrouver en auberge de jeunesse de nouveau, partager une chambre avec des gens qui ronflent, attendre 20 ans une pôele de libre quand tu veux cuisiner, être toujours entourée de monde…J’ai finalement trouvé la meilleure!
Avec notre espace juste pour les filles, j’ai l’impression d’être en colloc. J’ai été visité Perth, arpenté les rues, picniqué dans le magnifique Kings Park, et j’aime vraiment beaucoup le centre ville… mais je me sens mieux dans le quartier de Fremantle. Plus petit, plus cosy !
Hier je visitais aussi Rottnest Island, un petit paradis sur terre traversable à velo, c’était magnifique, bref, il y a de quoi faire plaisir à nos pupilles ici!

Cependant, mon compte en banque étant en chute libre depuis mon départ de Cairns, il a fallu commencer à penser boulot…
Dès le troisième jour, je me suis transformée en Bob le bricoleur, en travaillant pour ce monsieur qui avait construit une caravane de ses propres mains pour voyager avec ses fils. J’ai poncé, vernis, peint, bref, j’ai aidé Mc giver et c’était plutôt sympa! Malheureusement ça ne suffisait pas.

Je commence donc bientôt à ce bar/ restau dont je suis tombée amoureuse : little creatures. L’endroit est génial. Ils sont réputés pour leurs bières maison qu’ils font au sein du restaurant même , avec une déco ultra stylooz, des concerts live, une cuisine super fraiche, une vue sur le port. Bref, l’endroit parfait ! Pour le trainning, on a pu déguster toutes les bières pour pouvoir conseiller les clients, et déjeuné tous ensemble. (Et oui j’étais pétee).
Enfin voila, j’ai réellement hâte de commencer. J’arrive légèrement a saturation, être inactive trop longtemps ce n’est  pas pour moi. Mais étant donné qu’ici même les managers sont deux de tension, il faut être patient pour commencer à travailler.

Quelques semaines de travail m’attendent donc avant la Nouvelle Zélande ( du 16 novembre au 8 décembre ).
Voyager en Van au pays des kiwis avec mes copines de Cairns…J’ai hâte!

Puis il sera temps de penser au retour chez les gaulois le 11 decembre.
Je pense que je suis prête maintenant. J’ai conscience de la nécessité de profiter à 20000% de mes derniers mois ici. Et c’est ce que je fais. Ça n’a pas changé.
Mais  l’Amour, le vrai, il est en France, avec vous. Et ma batterie a besoin d’être rechargée.
La découverte de l’Australie est magique, et je me sens nourrie et comblée par bien d’autres choses ici. Mais quoi qu’il arrive, rien ne remplace jamais l’amour des siens.

Et j’en suis un peu loin…
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Blow your mind !

1554448_10152197002334821_5034823210236729615_nJe ne sais pas par ou commencer. Par ou reprendre. Ces derniers mois ont été tellement riches en émotions…Et je sais que ce n’est pas fini! Écrire sur ce blog était un peu compliqué, je n’ai pas eu la wifi beaucoup de fois durant mon ascension de la côte est et j’ai pris trop de retard pour tout raconter. Heureusement pour moi, j’ai mon journal de bord pour déverser mes litres de bonheur et tout ce que je n’écrirai pas ici. Puis je ne saurai jamais trouver les mots appropriés pour décrire l’intensité des sentiments me traversant pendant cette aventure.

Apres notre semaine en HelpX avec Ellen, nous sommes parties pour Byron bay, Brisbane, Surfers paradise, Noosa, Fraser island, Rainbow beach, Airlie Beach, Mission beach, Magnetic Island, et Cairns! Donc depuis Janvier voici l’ascension: De Melbourne au Sud, jusqu’à la Grande barrière de Corail au nord Est.
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Byron bay : Dormir dans des tipis, aller à Nimbin cette ville surprenante de hippies où la drogue est un mode de vie, acheter des cookies riches en herbes à une mamie de 80 ans, pleurer de fous rires grâce a eux, refaire du surf, acheter une tente sans matelat dans la jungle, essayer de dormir dans la tente sans matelat, ne pas pouvoir dormir dans la tente sans matelat.
Perdre quelqu’un de ma famille, et ressentir cette distance bien plus intensément que jamais avec mes proches. Ellen a été la meilleure personne que je pouvais avoir à mes côtés pour ça. J’ai été plus que chanceuse d’avoir une réelle amie avec moi. Car oui, le voyage est la meilleure opportunité pour les rencontres. Chaque jour, de nouvelles personnes partagent à nos côtés nos sorties, nos aventures, nos joies. Mais ceux qui sont présents lors de nos véritables moments de peines et qui savent les apaiser, ceux avec qui naît une réelle amitié comme nous pouvons la percevoir se comptent sur les doigts d’une main.

Revenons à nos moutons.
Brisbane: une ville pour faire la fête, aller bronzer à southbank la plage artificielle dans la ville, arpenter les marchés, partir a coolangata voir une compétition mondiale de surf le temps d’une journée. Adorer cet endroit….

Mais pas plus que Noosa ! Une de mes villes préférées de la côte Est. Je m’y sentais juste bien. Une atmosphère moins « backpacker » . Son soleil, ses surfeurs, ses soirées, ses ruelles et petits restaurants me rappelaient un peu le sud de la France, sans les jackys.
C’est à Noosa que j’ai commencé à réaliser et appréhender le depart d’Ellen. Voyager avec quelqu’un qui vous ressemble et vous comprend ce n’est pas donné à tout le monde. Quelqu’un avec qui on ne se sent pas mal à l’aise lorsqu’il y a un silence. Quelqu’un qui a les mêmes valeurs que nous, qui rit ( – et pleure- ) pour les même choses que nous. Quelqu’un qui vous dira toujours si vous avez un bout de roquette coincée dans les dents. Quelqu’un avec qui je pouvais être moi, à 100 %. Bref, c’etait Ellen.

Avant qu’elle retourne en Suède, nous avons fait Fraser island ensemble: à mettre dans la liste des meilleures expériences d’Australie jusqu’à présent, de loin. Dans la liste des meilleurs moments de ma vie, également. Ces trois jours sur cette île de sable magnifique à bord de notre 4×4 était juste dingue! On y a rencontré ces Danois de folie, on avait la team parfaite. Première expérience de conduite à gauche aussi…ben clairement j’avais le fessier tendu ! Trois jours intenses en émotions, pour un tas de raisons. Les piscines naturelles, le lac Mackenzie, ces soirées sur la plage… parfait. Je me suis également fait voler mon reflex, mon chargeur d’iphone et mon ipod dans ma tente pendant la nuit. Ça m’aura vallu une évidente crise de panique – et je vous passerai les détails Julie Lescaut – mais happy ending pour moi : on a retrouvé ce con***d de voleur qui n’avait pas trouvé plus intelligent que de voler sur une île. Un packpacker allemand du groupe. Jouissance extrême lorsque la police a ouvert son sac devant tout le monde, avec mes affaires enroulées dans sa serviette de bain. Je savais que c’était lui! Il avait commencé par me voler ma petite cuillère dans mon bol de céréales dès le premier jour le bâtard!…
Bref, j’ai vraiment été chanceuse …
Mais il y a tout de même un problème à propos de ces courts trips…ils sont trop courts. Ouai elle est futfut la Candyce. Ce que j’entends par là est que l’on vit d’autant plus intensément lorsque l’on sait que tout ne durera que 72h, et que l’on se sent d’autant plus vide lorsque cela s’arrête… Fraser island c’était un peu comme 3 jours sur une autre planète. Et j’aurai aimé y rester.

-Sentiment de vide après émotions intenses…-Vaut mieux pas que je pense à mon retour en France…lalalalalala….

Après ça, Ellen et moi avons pris notre chemin pour Airlie beach, où le soleil ne nous attendait pas. Nos deux derniers jours ensemble ont donc été légèrement déprimants. Le genre  » tiens si on regardais un film qui fait chialer en mangeant un caddie de chocolat? Bonne idée. Comme ça on se sentira mieux, avec des yeux de panda et des boutons plein la face.
Je ferai une impasse sur nos au revoirs à larmes-land.

L’avantage était que le jour d’après, j’embarquais sur un catamaran pendant trois jours consécutifs pour faire l’île des whitesundays. C’était grandiose, les plongées vraiment magnifiques, j’ai vu le plus beau ciel étoilé de toute ma vie (parce que oui, on dormait la belle étoile sur le bateau, on fait pas les choses à moitié les potes) et j’ai pu rencontrer de nouvelles personnes avec qui j’ai partagé de folles soirées à mon retour à Airlie beach une fois de nouveau sur Terre. Malgré tout j’ai ressenti un grand vide sans Ellen, je ne peux pas le nier. C’était un effort pour moi le premier jour d’aller vers les autres. J’avais juste envie d’être dans ma bulle, seule, et de prendre le temps d’accepter son départ.

Après Airlie Beach, je suis partie direction mission beach pour mon saut en parachute. HFUIZEGHRBFJZEGZBHFZJBAKUEGFBDBHFHREHTHIURBGREEBHJRBGRRBERIJGERBGURIELGHGZLIGBZLIBILBHIRLEIRBGRGILRBITLHNRRONHTIRIBTIRIOUAAAAAIIII
Voilà à peu près . J’ai ce gros sourire niais et l’envie de crier chaque fois que j’en reparle. Voler !
Liste des meilleurs moments d’une vie : + 1 .
VOLER!
Et pas n’importe où: juste au dessus de la barrière de corail, de la forêt tropicale, avant d’atterrir sur la plage…What else?
J’ai regardé la vidéo du saut au moins 20 fois, et même si j’ai l’air d’une débile et que je suis moche dessus ( j’étais pas préparée à  » tu veux passer un message avant de sauter? « ), elle me fait toujours ressentir ce truc dans le coeur, cette grosse dose de bonheur.

Quelques jours après, j’ai repris le bateau pour Magnetic Island, une île parfaite pour continuer dans la lignée « me retrouver ». Parce que oui, après 5 mois entourée de personnes H24, je commençais à exploser intérieurement.
Les paysages et les randonnées en pleine nature qu’offre cette île ont été parfaits pour répondre à mon besoin de solitude. Après des heures de marche, se retrouver en haut d’un mont sans personne, ça aide. Juste la nature les koalas et moi.

Puis CAIRNS! Qui aurai cru que j’y serai toujours après 3 mois? La première semaine fût mémorable: affronter ce fameux cyclone avec Marine. Cyclone de daube qui nous a amené plus de pluie qu’autre chose alors que les locaux nous disait de rester enfermés avec des provisions comme avant une fin du monde. Enfin voilà, nous avons survécu. On a aussi pu aller voir les plus belles cascades du Queensland et s’y baigner, c’était grandioso ! Même se retrouver coincées pendant 5 heures sur une route en plein milieu de nulle part à cause dun feu de forêt. Bref, c’était l’aventure cette semaine! J’ai peu à peu pris mes repères dans la ville, retrouver mes amis danois, fais beaucoup ( trop ) la fête, rencontrer des personnes formidables, dis au revoir ( trop ).

Célébrer mon anniversaire. Je fais un saut de ligne parce que mon anniversaire est toujours quelque chose qui me stresse alors ça ne tiendra pas entre deux petites virgules. Je sais que je n’ai pas besoin de grand chose pour être heureuse, et juste la présence de mes proches me suffit. Sauf que les gars vous étiez où le 18 avril?! Ah ouais à l’autre bout du pôle, chiant! Du coup j’avais réellement besoin d’accepter l’idée que vous ne seriez pas là et pour ça il fallait occuper mon esprit. Je n’ai pas fais dans la simplicité. Quitte à passer mon anniversaire en Australie, autant le rendre mémorable !
Après une première soirée avec mes amis je suis partie en bateau plonger dans la barrière de corail. C’était le paradis sous marin.
Nager avec des tortues en Australie dans la plus grande réserve naturelle sous-marine le jour de mon anniversaire, je pense que j’peux me faire une petite danse de la victoire après ça ! J’étais la plus heureuse avec mes némos.
En rentrant j’ai eu le droit à un beau gâteau d’anniversaire, et une autre nuit de fête suivît. Ah oui….je me suis cassé une dent durant cette soirée là aussi. Échec. C’était drôle sur le coup, mais quand j’ai du dépenser 240 dollars pour la réparer j’étais un peu plus tendue.

J’en profite pour vous remercier, vous qui avez pensé à moi de loin pour mon anniversaire, vos attentions m’ont touchées du fond du coeur.

J’ai d’ailleurs replongé au paradis au retour de Marine, 3 jours intenses sous un soleil de folie. 3 jours qui nous ont fait un bien fou ( hein mon petit ?!)

Je suis donc à Cairns depuis plus de trois mois maintenant . Pendant que tout le monde se pèle en hiver dans le reste de l’Australie, nous on bronze.
Après avoir passé plus de 5 mois en auberge de jeunesse il était temps de partir en sharehouse. La renaissance! Je partage ma chambre avec sophie, une anglaise, je l’adore. Mes colocs sont top, et j’ai ma petite  » routine  » ici maintenant. Mon petit vélo rose, un boulot, mes copains, mes collègues, le marché tous les dimanches, nos QG.

J’ai travaillé les premiers temps dans un café où je faisais des smoothies et jus bio. Too easy. Puis, en attente de plus d’heures , je me suis mise à chercher autre chose.
Je travaille désormais depuis fin avril dans un restaurant grec, très connu et réputé a cairns. Une affaire familiale. Après s’être fait connaitre comme le meilleur restaurant grec de Melbourne puis de Perth, George le proprio fait plaisir aux papilles de ses clients et plaisir à son compte en banque à Cairns depuis quelques années . C’est un personnage, et les clients viennent aussi pour lui, pour ses histoires à raconter avec souvent un petit coup dans le nez, pour son humour. Il casse les assiettes et fait danser les clients tout les soirs ( tradition grecque – j’étais pas au courant – le premier jour je me suis vraiment demandée ce qu’était ce bordel !- ).
Les gens se sentent juste heureux quand ils viennent au restaurant. Ils se retrouvent à danser avec des inconnus des tables à côté, s’éclatent sans avoir peur du regard de qui que ce soit.
Bref, vu comme ça tout parait beau. Mais George peut nous mener la vie dure. Il trouve toujours quelque chose à reprocher et son stress lui fait oublier qu’il peut réellement être exécrable et nous parler comme des grosses mierdass. Mais après quelques semaines j’ai appris comment est-ce qu’il fonctionnait, et arrêter de prendre ça pour moi, arrêter d’attendre de la reconnaissance. Et bizarrement c’est là que j’ai commencé a en avoir! Juste un petit » you’re doing a really good job » parfois, ça fait vraiment du bien. Et venant de lui, ça mérite aussi une triple danse de la victoire. Quand je repense à mon essai, moi le boulet qui n’avait jamais appris à porter plusieurs assiettes, ne connaissait pas les boissons australiennes, ni aucun plat grec autre que de la feta, j’étais pas au top de la confiance en moi !
Finalement le lendemain j’avais le job. J’ai évidemment eu mes gros moments de solitude, du genre quand le bouchon d’une vieille bouteille de vin reste coincée et que tu es face à des politiciens australiens, quand tu as une table de 30 personnes juste pour toi à gérer le deuxième jour, ou encore quand tu dois faire réparer ta putain de dent et que tu travailles après l’anesthésie locale- autrement dit « comment gérer la bave quand tu dois communiquer avec autrui « -….. Coucou, y’a quelqu’un qui m’apporterai une cordelette?
Katerina est LA collègue qui m’a tout appris. Et c’est une rencontre formidable d’Australie. Au delà d’être une collègue, c’est devenu une amie, et c’est bien avec elle que je peux passer des heures à parler avec quelques verres de vin après le boulot. Je sais que sans elle je n’aurai sûrement pas tenu une semaine. George fait venir de nouvelles personnes très souvent, c’est un défilé de backpacker. Mais la plupart ne restent pas. Plusieurs fois j’ai eu peur que ce soit mon tour, mais Katerina m’a toujours rassurée à ce sujet. J’ai désormais ma place et je dois dire que je suis fière de moi! J’ai beau savoir que ce n’est pas le métier de ma vie, je prends à coeur ce que je fais. On ne me changera pas.
Les clients australiens n’ont rien à voir avec les français, ils sont adorables ici. C’est un plaisir de découvrir la restauration, que ce soit ses avantages et inconvénients, je suis heureuse de cette expérience. Et j’apprends aussi comment faire les beaux cafés australiens, ce qui était dans ma to-do list Oz.